Colonel Latta Gnama : «Nous sommes déterminés à démeurer un modèle en matière de sécurité aérienne»

Publié le par ABOU Hibana


Le Directeur Général de l'Agence Nationale de l'Aviation Civile du Togo, le Colonel Latta Gnama
L'Agence Nationale de l'Aviation Civile (ANAC) du Togo est une référence en Afrique. Créée en 2007, pour la supervision de l'ensemble des activités aéronautiques et aéroportuaires, cette agence ambitionne de rendre encore plus performants les aéroports internationaux de Lomé et de Niamtougou qui répondent déjà aux normes de l'ASECNA. Suite aux missions d'expertises et d'audit diligentées par l'OACI, en vue d'un développement sûr et ordonné des services du transport aérien, « l'ANAC est classée première dans l'espace ASECNA avec un taux de réussite de l'ordre de 65%  alors que le taux mondial est de 60%. Notre ambition aujourd'hui est de rendre nos équipements modernes avec un système de sécurité et de sûreté bien développé», a confié à presidencetogo.tg, le Directeur Général de l'ANAC, le Colonel Latta Gnama, qui est pilote de ligne.

 

presidencetogo.tg : Monsieur le Directeur Général, parlez-nous d'abord de l'ANAC ?

Le Colonel Latta Gnama : l'ANAC a été créé par la loi N° 2007-007 du 22 janvier 2007, pour répondre à l'exigence de l'OACI et de l'UEMOA, qui ont pris des directives invitant toutes les directions d'aviations civiles d'évoluer vers les agences pour être plus efficaces avec la formation des techniciens et inspecteurs. Il faut dire qu'avant 2002, l'ANAC-Togo n'avait qu'un seul inspecteur; aujourd'hui nous avons un cabinet de 12 inspecteurs. C'est le lieu de remercier le Chef de l'Etat qui nous accompagne dans ce processus, en donnant des instructions pour moderniser notre institution. Ainsi l'ANAC a pour mission la mise en œuvre de la politique de l'Etat en matière d'aviation civile et est chargée entre autre de :

  • faire un suivi régalien et continu des opérateurs économiques
  • élaborer une réglementation technique de l'aviation civile conformément aux normes de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI)
  • contrôler l'application de la réglementation nationale en vigueur et des conventions internationales signées et ratifiées par le Togo en matière de sûreté, de sécurité et de facilitation
  • coordonner et superviser l'ensemble des activités aéronautiques et aéroportuaires et le suivi de l'activité des organismes de maintenance des avions.
  • la formation et qualification du personnel 

Quelles sont les nouvelles orientations que vous voulez imprimer à votre institution quand on sait qu'il y a plusieurs réformes qui vous sont imposées par l'OACI aujourd'hui ?

Le Colonel Latta Gnama : d'abord d'être en conformité avec tout ce qui se décide à l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale qui a, en son sein, 190 pays dont le Togo. Nous devions respecter la convention de l'OACI qui est rédigée en 18 annexes. Et donc nous appelons tous nos collaborateurs à s'y conformer. A notre niveau, il est important toujours de former et de recycler le personnel dans les écoles françaises, américaines et de Singapour. Cela nous permet d'innover et de cerner l'ensemble des problèmes. Il faut se donner les moyens d'y parvenir.

Quelle lecture faites-vous aujourd'hui de la compétence du personnel de l'ANAC ?

Le Colonel Latta Gnama : je ne peux pas être juge et partie à la fois ! Mais s'il faut que je vous réponde, je vais faire référence aux audits dont je vous ai parlé plus haut ! Notre audit reflète que la compétence de mon personnel est compétent, puisque je vous dis qu'on est placé dans le peloton de tête, et donc classé premier dans l'espace ASECNA avec un taux de réussite de l'ordre de 65%. Je suis satisfait de mon personnel, mes collaborateurs sont loyaux, bons, compétents et appliquent avec rigueur ce que nous avons tous décidé. Sachez qu'aucune compagnie ne viendra dans votre espace, si vous êtes un pays où règne l'insécurité.

Quelle place occupe aujourd'hui  l'aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé, comparé à ceux de la sous région sur le plan sécuritaire ?

Le Colonel Latta Gnama : un aéroport n'est pas une gare routière, c'est pourquoi, il est impératif de le garder dans le plus strict respect sécuritaire. L'aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé, dans ce domaine est un modèle. Les gens vont jusqu'à nous dire que nous sommes très exigents, mais ce sont des risques énormes que nous encourrons lorsque nous laissons faire. Laccès aux aéronefs et aux parking est réglémenté.

C'est vrai que notre tradition nous exige une hospitalité et un caractère accueillant; ce n'est pas pour autant qu'il faut laisser faire. Notre rôle régalien est d'avoir des appareils sûrs et sécurisés. Aux lendemains des indépendances, le Togo était desservi que par deux compagnies, aujourd'hui avec le climat de paix et de sécurité qui y règne, le pays accueille 14 compagnies parmi lesquelles on peut citer Asky qui dessert 15 destinations avec des avions modernes.

Vous envisagez d'allonger l'aéroport international de Niamtougou; c'est à quelle fin ?

Le Colonel Latta Gnama : la création de cet aéroport qui est une émanation du feu Président Gnassingbé Eyadema, est un projet génial à saluer. Cet aéroport qui est fonctionnel ne répondait pas aux normes sécuritaires de l'OACI, jusqu'en 2009. Grâce à l'engagement personnel du Président de la République, l'aéroport de Niamtougou aujourd'hui est mis aux normes de l'OACI, avec des équipements modernes et un système de sécurité et de moyens navigables bien développés. C'est ainsi que depuis janvier 2010, il est géré par l'ASECNA.

Mais seulement pour lui permettre d'accueillir les gros porteurs tels que les B747, les A340, il faut l'allonger de 2500 mètres à 3000 mètres. A travers ce second aéroport international, on pourra encourager le commerce des fruits et légumes et accroitre le tourisme, vecteurs de notre économie nationale, les vol de pelerinage (Hadj) pourraient aussi partir à partir de Niamtougou.

Avez-vous d'autres ambitions?

Le Colonel Latta Gnama : oui; nous sommes à la recherche des financements auprès des partenaires, pour aller plus loin. Nous voulons, au  niveau de l'aéroport de Lomé, construire et rallonger le parking, construire une nouvelle aérogare avec de nouveaux box de livraison de bagages, des box  de départ et d'arrivée. Aujourd'hui Asky, Air France et Ethiopian air Lines ont augmenté leurs fréquences de vols. Nous avons une nouvelle compagnie SN Bruxelles qui, opère depuis le 09 juillet 2010. Nous avons Kenya Airways et EMIRATES qui envisagent de venir et ceci grâce au climat de paix et de sécurité dans notre pays. Qui voudrait aller dans un pays où il y a l'insécurité ?

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