Commerce extérieur : Comment le Togo a évolué en import/export

Publié le par ABOU Hibana

La semaine dernière, nous étalions le poids du Togo en commerce extérieur. Par les chiffres, de janvier à mars 2010, il a fait, en importation, 517.609.162 kilogrammes et 519.757.021 kilogrammes en exportation. Ce qui représente, en valeur, 117.286.525.665 francs Cfa et 73.954.816.991 francs Cfa. Du coup, plus de fonds sortis en importations qu’en exportations. Le coton et le clinker occupent les 1er et 2ème rangs en produits d’exportation, alors que le clinker et le super carburant prennent les deux premières places en importation. Aussi arrêtons-nous aujourd’hui sur la structure en marchandises qui se dégage au Togo.
Structure des exportations
Suivant la récente étude de la Banque mondiale, les phosphates étaient le socle de l’économie togolaise depuis les années 70. Vers la fin des années 80, ils contribuaient pour plus de la moitié aux recettes d’exportations. Sur la période 1994-1999, cette proportion atteignait encore 20% en moyenne. En 1995, les exportations de coton dépassent pour la première fois les phosphates et restent en tête jusqu’en 2001. En 2000, le coton et les phosphates cumulés représentaient encore plus de la moitié des exportations totales (55%), alors que la cacao et le café contribuaient pour environ un dixième (9,2%). Mais l’entrée en production (1999) de l’unité de clinker et sa montée en régime coïncide avec les graves problèmes de l’industrie des phosphates et du secteur cotonnier. Dès 2002, les exportations cumulées de clinker et de ciment prennent la première place avec 27%, avant les phosphates et le coton, tombés respectivement à 15% et 14%. Depuis cette date, les exportations de clinker/ciment sont restées en tête tandis que le coton et les phosphates se disputaient la 2ème place selon les aléas de production et l’évolution des cours mondiaux. Mais il y a eu une permutation des places, à en croire la Direction générale de la statistique et de la comptabilité nationale (DGSCN).
En 2007, les produits de la sidérurgie (tôles, fer à béton, profilés, tubes, etc.) sont passés de justesse à la 2ème place avec 9,2%, une évolution qui semble être passée inaperçue dans les publications togolaises sur le commerce extérieur. Ceci est en grande partie dû à la présentation figée des statistiques qui accordent une grande place au café et au cacao qui sont passés de 9,7% et 7,7% des exportations en 1990 à 2% et 1,7% en 2007, alors que les exportations de produits de la sidérurgie, en 2ème place, sont englobées dans la catégorie « autres ». La contribution du cacao et du café est devenue presque marginale avec un total cumulé de 2,3%.
La composition des exportations s’est aussi beaucoup diversifiée, avec la montée des productions de la zone franche (emballages et plastique, parfums et cosmétiques, mèches, etc.), mais aussi avec la contribution de quelques entreprises qui ont réussi à gagner des parts de marché dans la sous région de l’UEMOA.
Les exportations du Togo sont fortement concentrées sur la sous-région de l’Afrique de l’ouest. En 7 ans seulement (2000-2007), la part de la CEDEAO dans les exportations est ainsi passée de 35% à 72%. Ces chiffres (source BCEAO) incluent les exportations de clinker, mais pas les autres exportations de la zone franche qui devraient élever les données. La destination des exportations de phosphates a beaucoup varié au fil des années (Australie, Nouvelle Zélande, Afrique du Sud, quelques pays européens pour certaines années). Sur la période 2005-2007, c’est l’Inde qui émerge comme principal importateur des phosphates togolais (60% en moyenne). Globalement, la part de l’Asie dans les exportations totales du Togo n’a pas augmenté pour autant.
Les destinations du coton restent plus diversifiées, mais se situent toujours principalement en Asie de l’Est dans les pays grands exportateurs de produits textiles (Chine, Taiwan, Indonésie, Thaïlande). Récemment, la Tunisie a fait son entrée parmi les pays destinataires du coton togolais ; elle représentait le quart des exportations en 2006, seulement 13% en 2007. Les autres produits de l’agriculture de rente (café, cacao, produits oléagineux, etc.) étaient essentiellement importés par l’Europe. Par contre, le clinker/ciment et les autres exportations à partir de la zone franche trouvent leur marché en Afrique de l’ouest.
Avec une telle structure par destination des exportations, le Togo n’est a priori pas bien positionné pour tirer des avantages substantiels de l’amélioration de l’accès aux marchés de l’Europe et des Etats-Unis procuré respectivement par les Accords de partenariat économique (APE) et African Growth and Opportunity Act (AGOA) dont il n’a qu’une faible utilisation après deux ans de pratique (voir L’Union n°319). Mais cette moindre exposition aux marchés des pays développés lui a permis d’échapper en grande partie aux retombées directes de la crise internationale de 2008-2009, ou de ne la subir qu’indirectement.
Structure des importations
En 2007, les produits pétroliers représentent plus du quart de la facture d’importation du Togo : 26% contre 15% seulement en 2002. Les produits de consommation –éclatés en alimentation/boisson/tabac et autres produits– connaissent également une augmentation significative de leur part cumulée (34% en 2007 contre 26% en 2002). Cet accroissement tant en part relative qu’en valeur nominale (croissance de 64% en 5 ans pour le poste alimentation/boisson/tabac et de 77% pour les autres produits) peut surprendre dans un pays à faible croissance du PIB et dont l’évolution du revenu par tête a été négative sur la même période selon les statistiques officielles. Il n’est pas exclu qu’il s’agisse encore du phénomène de réexportation de marchandises dédouanées, mais pas destinées au marché togolais.
Par contre, les parts respectives des matières premières et des biens d’équipement dans les importations diminuent, contrairement à la tendance dans beaucoup de pays en voie de développement.
L’origine des importations du Togo a également évolué, mais beaucoup moins que la destination des exportations. La part des importations de l’Union européenne est relativement stable jusqu’en 2007. Le principal partenaire européen reste la France, suivie selon les années par les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique d’où vient la majorité des voitures d’occasion. Ce constat contraste avec l’impression de visu de trouver de moins en moins de marchandises d’origine européenne sur les marchés, il va à l’encontre de la tendance à la diminution observée dans la plupart des autres pays de la CEDEAO. Mais le classement au premier trimestre établi par la DGSCN édifie déjà : la Chine est en tête des partenaires à l’importation avec plus de 28 milliards de francs Cfa en valeur, contre la France (2ème, près de 14 milliards) et la Belgique (3ème, près de 10 milliards). A juste titre, il n’est pas surprenant que la part des importations de l’Asie a doublé en l’espace de 5 ans, de 13% à 27%, et que c’est la Chine qui se taille la part du lion avec 16% des importations totales du Togo (en valeur, elles sont passées de 8 à 59 milliards de francs Cfa entre 2002 et 2007). Les gains de marché des pays asiatiques se font, du coup, au détriment des autres pays comme ceux de l’OCDE (Canada, Japon), de la CEMAC, du Maghreb …
Enfin, la part des importations originaires de la CEDEAO est en légère baisse, entièrement imputable à la Côte d’Ivoire dont la part dans les importations totales du Togo est tombée de 6,2% à 2,6% entre 2002 et 2007. Par contre, la part des autres pays (notamment le Ghana) est en hausse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Christ 23/09/2010 15:45


Cher Jean on ne vous demande pas d'apprécier l'administrateur ou celui qui a écrit l'article. on vous demande de donné votre appréciation sur l'article. Et s'il à volé son diplôme est ce que c'est
ton affaire. Félicite ce Monsieur pour l'effort qu'il fait en mettant à la disposition du public tous ces informations.
Merci à toi Mr ABOU Hibana et Bravo à toi pour ce blog. Continue. Merci


jean 10/09/2010 16:03


vous n'avez pas honte de mettre votre nom sous un article écrit par un autre?
Je suis certain que vous avez aussi volé votre diplome d'ingénieur