CVJR : la phase des dépositions est proche

Publié le par ABOU Hibana


Mgr Barrigah (premier à partir de la gauche)
La Commission Vérité Justice et Réconciliation, institution chargée de faire la lumière sur les violences à caractère politique et électorale de 1958 jusqu'en 2005, est à pied d'œuvre. Elle  aborde actuellement  sa phase ultime, celle du recueil des dépositions des victimes ou auteurs présumés.

 

Avant de déployer des agents sur l'ensemble du territoire national pour le recensement des victimes, la CVJR procède d'abord au renforcement des capacités. Un atelier a lieu en ce sens du 20 au 23 juillet à Lomé. Il s'agit selon le Président de ladite Commission, Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan, de donner les outils, les techniques et la méthode aux participants pour qu'ils accomplissent au mieux leur devoir. Cette rencontre consacre  également l'opérationnalisation des 8 antennes régionales de la CVJR.

 

Photo de famille avec les participants à la formation
«Nous voici donc face à face, devant la difficile, mais combien exaltante mission de chercher les voies et moyens susceptibles de conduire les Togolais vers d'autres Togolais, dans un besoin de pardon et de concorde», a déclaré le Président de la CVJR, Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan à l'ouverture de l'atelier. Pour atteindre l'objectif de cette noble mission, Mgr Barrigah convie ses collaborateurs à faire preuve de discrétion et de confidentialité : "comment pouvons garantir la fiabilité des dépositions si la confidentialité ne nous permet pas d'assurer et de garantir la sécurité des déposants ?" s'est-il interrogé

 

Pour sa part le représentant du Ministre de l'administration territorial, de la décentralisation et collectivités locales, M. Koffi Essozolim Mélébou, préfet du Golfe, a pour sa part, souligné que ce personnel constitue le « corps des ouvriers de paix, chargés de rassembler les matériaux nécessaires à la réalisation de la vérité, de la justice et de la réconciliation.

Il faut rappeler que la Commission  Vérité Justice et Réconciliation est composée de 11 membres  issus de toutes les couches socioprofessionnelles, notamment des confessions religieuses, des organisations de défense des droits de l'homme, des organisations des femmes, de la chefferie traditionnelle, de l'ordre des médecins et des universitaires. Tout ce monde  s'attelle  au travail avec une méthodologie d'approche rassurante qui consiste à recueillir les plaintes, déterminer les causes des violences, leur étendue et les conséquences, et proposer des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale.

Les dépositions que la Commission est habilitée à recevoir devront être des cas de violations à caractère politique subis entre 1958 et 2005.

Créée par le Président de la République, la CVJR a été mise en place le 25 mai 2009.

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