UFC: Issac Tchiakpé "Que ceux qui se prévalent d'une légitimité populaire aillent créer leur propre parti

Publié le par ABOU Hibana

Ce matin s’est déroulée une curieuse cérémonie de passation de service au siège de l’UFC à Lomé, boycottée par le camp Fabre. En marge de cette cérémonie, Isaac Tchiakpé, conseiller spécial du Président Gilchrist Olympio a répondu aux questions de la presse parmi laquelle se trouve un de notre reporter. Nous vous proposons, ci-dessous, cette interview:

" Vous avez remarqué l’ambiance de haine, d’insulte dans laquelle certains membres du Bureau National exclus ont voulu organiser la passation de service en guise du débat d’idée, c’est en fait un débat d’insulte et d’invective. Mais on ne se laisse pas distraire par ces choses là. Ce qui est important c’est de rentrer dans les lieux, de faire un état des lieux et d’aller continuer dans la gestion du parti, de continuer par œuvrer pour ce qu’un parti politique a vocation à faire : animer la vie politique, proposer des choix à la population. Pas d’insulte comme M.Patrick Lawson, Fabre et ses amis ont voulu l’organiser. Profiter du pseudo popularité pour dire qu’on est légitime c’est plutôt enfantin, puéril .Isaac Tchiakpé.

Question: Cette passation de service est-ce que vous en avez besoin ?

La question n’était pas  là. La question était de faire l’état des lieux avec les personnes qui avaient en charge la gestion du siège. C’est par civilité d’abord comme c’est de règle, de voir ce qu’il en est.

Vous êtes au siège mais la crise n’est pas pour autant résolu ?

Ecoutez, cela est simple. Il suffit à ces personnes qui se prévalent d’une légitimité populaire d’aller créer leur parti, c’est tout à fait simple. On peut ne pas être d’accord dans la vie, là il y a quand même des divergences profondes sur les stratégies à suivre pour une alternance pacifique dans ce pays. Est-ce que ces divergences profondes on va les vivre éternellement ? Deux personnes qui ne s’entendent pas, elles suivent leur chemin. MM. Fabre, Patrick ont leur vision de la politique qui est différente, ont leur  vision pour le changement dans ce pays qui est différente mais qu’ils l’assument et qu’ils aillent créer leur parti et qu’ils proposent à la population togolaise qu’ils ont les moyens de faire venir, de rendre possible  l’alternance. C’est tout simple.

C’est la fin de toute une histoire ?

Ne dramatisons pas. La dramatisation consisterait à dire que quand on ne s’entend pas on doit  nécessairement rester  ensemble. Ça suffit maintenant ! Qu’on arrête de se tromper. Il est important de se crever l’abcès dans la vie, il est important de regarder l’avant, ne pleurons pas sur le sort en comptant sur des amitiés fausses et hypocrites. C’est clair aujourd’hui que ces gens qui se prétendent être des démocrates organisent des insultes et l’invective ne sont pas des démocrates. Voilà c’est important que nos chemins se séparent.

La porte est visiblement fermée, comment allez-vous procéder pour la cérémonie ?

La cérémonie de ce matin, je vous le dis c’est par civilité pour faire l’état des lieux. Il a avant tout une valeur symbolique. La chose a été faite pour ce qui concerne la suite, ce sont des détails. Pour ouvrir une porte, il y a mille et une manières. Un huissier est là, un homme de loi est là et a accompli son œuvre et ce n’est pas un problème de procéder à l’ouverture des portes.

On a constaté qu’à votre congrès il y avait un fort dispositif  sécuritaire, aujourd’hui également les forces de sécurité sont là, ce qui n’était pas l’habitude à l’UFC. Est-ce que vous êtes à l’aise ?

La question n’était pas d’être à l’aise ou ne pas l’être. Si les autorités publiques qui ont vocation à assumer la sécurité des personnes et des biens dans un Etat estiment qu’il est de leur devoir de protéger les personnes et les biens, elles assument leurs responsabilités. Vous-même avez constaté le degré de haine, de violence qui accompagne cette cérémonie. Est-ce qu’on avait besoin d’en arriver là. Vous savez, il nous est tout à fait possible d’organiser des gens pour répondre à ce type de provocation. C’est très, très simple et même aisé. Je voudrais rappeler à M. Fabre, à Patrick, et à ceux qui pensent, je le dis avec beaucoup de gravité, qu’ils jouent avec le destin de six millions de Togolais de vite fermer la boîte à Pandore. Quand on procède avec de la violence, de l’insulte en politique, c’est un étau qui se referme sur soi. Je les conseille vivement avec beaucoup de fermeté d’appeler très vite à la raison et à la modération les gens qu’ils excitent. Je les conseille très vivement d’appeler la population à comprendre que des choix stratégiques qui sont différents ne sont pas des choix de trahison et que ça n’incline pas à l’insulte, a recourir à la violence. Un homme averti en vaut deux.

Comment vous allez faire pour convaincre aujourd’hui les militants qui ne sont pas d’accord avec M. Olympio ?

Que M. Fabre et M. Patrick Lawson, ceux qui prétendent pouvoir arracher la victoire, à eux cette responsabilité d’aller dire la vérité à la population que la situation politique togolaise est une situation très complexe qu’il faut beaucoup d’intelligence et de créativité pour réussir une alternance pacifique. Ce ne sont pas en montrant des muscles, en faisant des rodomontades. Où est-il M. Fabre ce matin ?

Si nous prenons acte qu’une manière de faire de la politique n’est pas bonne, il suffit de rectifier, de corriger cette manière de faire.

Ne pensez-vous pas que l’UFC est devenue aujourd’hui une coquille vide ?

C’est ce que vous pensez ? Il est aussi très facile d’organiser une contre manifestation. Vous savez ce n’est pas un jeu d’enfant. Qu’il arrête de se croire, on n’est pas dans une cour de récréation.

A supposer que M. Fabre et Lawson n’arrivent pas à la cérémonie de ce matin. Quelle sera la suite ?

Ils ont choisi. La suite continue. La terre ne tourne pas autour d’eux. La vie politique de ce pays ne tourne pas autour de M. Fabre et de Patrick Lawson. C’est des individus comme des autres. Attendez la suite des évènements et vous allez voir

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