Le ReDéMaRe est-elle une pyramide de Ponzi?

Publié le par hibanos2002.over-blog.com

L’identité ReDéMaRe est-elle une pyramide de Ponzi ?

Le système de Réseau pour le Développement de la Masse sans Ressource, existant au Togo, fondé sur les cotisants, ressemble à la pyramide de Ponzi.

Les similitudes sont les suivantes :

§  ce sont les entrants qui payent pour les bénéficiaires ;

§  on constate effectivement que le système est instable face aux variations internes ;

§  les solutions proposées pour résoudre les difficultés sont conformes à la logique pyramidale : renforcer les contraintes et les délais avant de devenir bénéficiaire, recruter encore plus. Concrètement cela se traduit par allonger la durée de cotisation, élargir l'assiette des cotisations à des revenus jusqu'à présent exclus du système, etc. ;

§  des faillites de systèmes de ce genre ont eu lieu.

§  À l'inverse, le système a des différences importantes :

§  la multiplication entre le nombre d'entrants et le nombre de bénéficiaires n'est pas obtenue à l'entrée mais à la sortie, grâce à la mortalité des futurs bénéficiaires ;

§  il y a réellement une création de richesse à la base du système ;

§  le système n'est pas forcément voué à la faillite : géré correctement, il peut être stable si le nombre des nouveaux entrants reste supérieur à celui des anciens entrants ;

§  le système ne cache pas son caractère redistributif ;

§  en conséquence, le revenu futur des membres dépend de leur capacité à mobiliser ;

§  le revenu futur n'est pas officiellement garanti.

Le système de L’identité ReDéMaRe, existant au Togo, fondé sur les revenus futurs d'un investissement, pourrait également être comparé à la pyramide de Ponzi. La comparaison tourne court, toutefois : dans un système par capitalisation, le recrutement de nouveaux membres n'est pas nécessaire, les pensions étant issues directement du capital accumulé et des intérêts qu'il génère.

La confusion peut-être entretenue par la remarque, justifiée selon certaines idéologies, mais cela renvoie seulement à la question suivante : « le système économique dans son ensemble est-il une pyramide ? ».

En revanche, comme pour tout système de placement financier, il est assez facile d'exploiter le système de l’identité ReDéMaRe par capitalisation pour en faire une telle pyramide : il suffit de recycler les nouvelles adhésions en bénéfices immédiats pour les adhérents, par une manipulation comptable ou un artifice financier. Une institution de capitalisation nécessite donc une surveillance et un contrôle minutieux, pour qu'elle ne se transforme pas insidieusement (et frauduleusement) en système par répartition masquée.

Le système de l’Identité ReDéMaRe serait donc effectivement des pyramides s'il avait besoin d'une base de cotisants de plus en plus vaste au cours du temps. On peut donc estimer qu'une société humaine qui a besoin, pour assurer sa subsistance, d'une population en croissance constante, est une société pyramidale qui court vers une catastrophe future dans un monde aux ressources limitées. Mais une société stable et n'épuisant pas les ressources qu'elle utilise, n'a rien de commun avec une pyramide quel que soit son système de financement.

Le système économique est-il une pyramide à la Ponzi ? 

On peut enfin se poser la question pour le système économique global. Les similitudes sont les suivantes :

la stabilité du système n'est pas garantie.

L'entrée de nouveaux membres dans le système économique (comme dans une pyramide) est implicitement postulé, puisqu'il faut bien que des actifs fournissent la richesse et acceptent de racheter des parts dans l'appareil économique ou de porter les responsabilités des anciens. Ces nouveaux membres pouvant être les nouveaux enfants, ou la population de pays pauvres.

Le système est en partie dépendant d'un accroissement indéfini (la croissance et le progrès), et d'un élargissement de la base d'exploitation.

À l'inverse, le système a également des différences importantes :

Les bénéficiaires ont par apport en capitaux, généré les investissements qui permettent aux entrants de travailler et d'épargner ;

le système n'est pas forcément voué à la faillite : l'Histoire semble montrer que les systèmes capitalistes sont les plus stables.

le recrutement se fait naturellement, sans effort particulier de recrutement.

 

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Mc'Donald 17/05/2010 11:24


Merci Monsieur ABOU Hibana d'avoir essayer de répondre à la question si l'Identité ReDéMaRe est-elle une Pyramide de Ponzi? Cependant est ce que je peux savoir ce qu c'est que cette pyramide de
Ponzi?
Merci et à bientôt


hibanos2002.over-blog.com 17/05/2010 14:38



Une chaîne de Ponzi, dynamique de
Ponzi, pyramide de
Ponzi ou jeu de Ponzi, est un système de vente pyramidale, une forme d'escroquerie1 par cavalerie, fonctionnant
par effet boule de neige, consistant en la
promesse de profits très intéressants, financés par l'afflux
de capitaux investis
progressivement, jusqu'à l'explosion de la bulle
spéculative ainsi créée. Ce système tient son nom
de Charles
Ponzi qui est devenu célèbre après avoir mis en place une
opération immobilière frauduleuse à Boston fondée sur ce principe.


Charles Ponzi utilisa ce système en 1921 à Boston, ce qui fit de lui, personne anonyme, un millionnaire en six mois.
Les profits étaient censés provenir d'une spéculation sur les International postal reply coupons (Coupons-réponse internationaux), avec un rendement de 40 % en 90 jours. Environ
40 000 personnes investirent 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué2.


L'Union Postale Universelle (UPU) qui regroupe les
administrations postales du monde depuis 1878, avait répondu à la demande de l'émission d'un timbre-poste universel par la création des Coupons-réponse internationaux le 1er octobre 1907. Un particulier achetait dans son pays un Coupon-réponse international
au prix de 0,28 Franc (ou son équivalent) et l'envoyait à son correspondant, partout dans le monde. Ce destinataire se rendait dans un quelconque bureau de poste où, contre la
remise de ce coupon, il recevait un ou plusieurs timbres-poste de son pays, d'une valeur correspondant à l'affranchissement d'une lettre en service international (0,25 Franc ou son
équivalent). La différence de 0,03 Franc servait à couvrir les frais de compensation entre les administrations postales, l'une ayant reçu la totalité de l'argent du coupon, l'autre
ayant vendu un timbre-poste sans perception d'argent. Comme il y avait à cette époque une bonne stabilité de la parité de change des monnaies, le système pouvait fonctionner sans
problème.


La sortie de la Première Guerre mondiale et ses conséquences
financières dans l'économie mondiale ont totalement ébranlé le système de par les dévaluations fréquentes constatées et l'augmentation des tarifs postaux qui s'ensuivirent. Des administrations
postales devenaient déficitaires dans ces échanges et durent prendre des mesures restrictives à l'utilisation de ce service.


Imaginons que quelqu'un propose un investissement à 100 % d'intérêts :
vous lui donnez 10 FCFA, il vous en rend 20 en utilisant l'argent déposé par les clients suivants (il lui suffit d'ailleurs de proposer un rendement double des rendements connus du
marché pour s'attirer de la clientèle et pour durer). Le système est viable tant que la clientèle afflue, attirée en masse par les promesses financières (et d'autant plus tentantes que les
premiers investisseurs sont satisfaits et font une formidable publicité au placement). Les premiers clients, trop heureux de ce formidable placement, reviennent dans la chaîne eux aussi,
s'ajoutant à tous ceux auxquels ils ont prêché.


Le phénomène fait alors boule de neige, entretenu tant que l'argent rentre et
permet de payer à 100 % les nouveaux investisseurs. L'organisateur prend une commission, bien compréhensible lorsque l'on voit les promesses qu'il fait, et qu'il tient. La chaîne peut durer
tant que la demande suit la croissance exponentielle imposée par ce système, les clients arrivant par 2, 4, 8, 16, 32, etc. Lorsque la chaîne se coupe, la bulle éclate : tous les derniers
investisseurs sont spoliés. Sont gagnants ceux qui ont quitté le navire à temps et, surtout, l'organisateur.