Les dépositions ont débuté à la CVJR

Publié le par ABOU Hibana


Monseigneur Barrigah-Bénissan Nicodème,Président de la CVJR
La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) est à la phase opérationnelle de son programme d'activités, consacrée aux dépositions. Cette phase vient après celle préparatoire. Il s'agit à présent pour cette institution mise en place par le Chef de l'Etat depuis 2009, de collecter et de traiter les plaintes des personnes présumées victimes ou auteurs des violences électorales et des atteintes aux droits de l'homme se situant dans l'intervalle 1958 à 2005 au Togo. Pour le faire, la CVJR compte sur les médias et les organisations de la Société Civile pour porter l'information et mobiliser les populations concernées.

 

Selon la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, les dépositions peuvent démarrer jusqu'à fin août 2010. Une déposition est un témoignage qu'une victime ou un auteur présumé dépose et enregistré dans un formulaire de déclaration approprié. Ainsi, sont appelés à faire des dépositions, les victimes, les témoins, les citoyens et citoyennes à l'étranger (victimes ou témoins) et les présumés auteurs. Seuls les agents d'équipes mobiles, les chefs d'antennes mandatés par la CVJR, et les 11 commissaires de la CVJR peuvent recevoir une déposition.

« L'opérationnalisation des dépositions sera mise en œuvre sous la supervision de la CVJR, par les antennes régionales ouvertes dans les 8 villes à savoir Lomé, Aného, Kpalimé, Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara, Dapaong sur des sites fixes ou en stratégie avancée avec les équipes mobiles », indique Maurille Agbokou, expert en communication à la CVJR.

Les faits recevables par la CVJR sont, tous les faits en relation avec les violences et la violation des droits de l'homme dans la période allant de 1958 à 2005 et qui ont un caractère politique. La CVJR est mandaté à recueillir ces dépositions durant une période de 4 mois. Les types de violations qui font objet de déposition sont : les crimes contre l'humanité (tueries à caractère planifié et massif), les disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, viols, torture, traitement cruels, inhumains ou dégradants, enlèvements et détentions arbitraires...

La CVJR qui accorde une importance à la sensibilisation et à l'information des populations pour une adhésion massive des citoyens sur le mode opératoire et les procédures liées aux dépositions compte sur les médias et les organisations de la Société Civile.

Cette phase des dépositions qui dure 4 mois dispose des techniques et méthodes telles que :

  • des réunions privées face à face
  • un questionnaire conçu pour permettre aux requérants de retracer leurs problèmes, expériences
  • des lieux et du contexte encourageants, rassurants, sûrs, confidentiels définis suivant les localités visitées.

Pour rétablir la vérité, pour recommander les réparations ou des poursuites, pour adopter des mesures de réconciliation, la CVJR a besoin de disposer d'information en quantité et de qualité afin d'analyser les liens de causalité.

« Ce recueil des dépositions est la matière première et l'une des activités majeures d'une commission de vérité », confie l'un des commissaires de la CVJR.

La CVJR garantit à tous ceux qui feront des dépositions, un dispositif sécuritaire et de protection.

La mission de la CVJR consiste à réconcilier le peuple togolais en recherchant la vérité sur les abus et les violations des droits humains à caractère politique et à aider d'une part, les victimes à guérir de leurs traumatismes, d'autre part, les présumés coupables à soulager leur conscience en relatant leurs versions des faits et en demandant pardon.

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