ReDéMaRe : La LTDH se retire du comité de gestion mise en place par le Gouvernement

Publié le par ABOU Hibana

Appelée en renfort à la dernière minute, au téléphone, selon son président Me Raphaël Kpandé-Adzare, pour être partie du Comité de Gestion mis en place par le gouvernement pour régler l’affaire RéDéMaRe, la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), vient de s’en retirer aussitôt déclarant refuser d’être « complice d’une illégalité » [la détention préventive de M. Sama Essohamlon, dénoncée dans une précédente déclaration de la LTDH le 31 août dernier, ndlr].  La LTDH soupçonne le Comité de Gestion de vouloir régler une affaire délicate de manière indélicate, et pas dans l’intérêt des membres du Réseau  pour le  développement de la masse sans ressources (RéDéMaRe).

C’est dans une lettre écrite au garde des sceaux et ministre de la justice, Kokou Biossey Tozoun, que le président de la LTDH porte la dénonciation du Comité de Gestion. Me Kpandé-Adzaré  dénonce d’abord la méthode de son invitation en vue de sa participation au Comité de Gestion. La LTDH« constate d’abord qu’elle n’en était pas pressentie au départ de ses travaux ; et n’en voudrait pour preuve que la manière avec laquelle elle a été invitée (par coup de téléphone), dans la matinée du 1erseptembre à prendre part à une réunion prévue pour se tenir le même jour à 14 heures 00, alors que tous les autres participants à ladite réunion y ont été invités par correspondance au moins 24 heures plus tôt ».

Elle souligne néanmoins avoir donné son accord de participation pour « l’intérêt des milliers de citoyens togolais en cause » et « voudrait bien apporter son expertise pour que cette affaire connaisse un heureux dénouement pour le bien-être de tous ».

«… Nous constatons que les mesures prises qui sont en train d’être prises et les conditions dans lesquelles elles le prennent, risquent de porter un grave préjudice aux législations applicables en la matière », souligne la lettre.

La LTDH met en cause l’arrestation du Directeur général Sama Essohamlon et la fermeture préventive de RéDéMaRe, un GIE, « donc une personne morale qui, du moins pour le moment, n’est ni en cessation de paiement, et encore moins en procédure de liquidation. De plus ses activités ne relèvent pas de la volonté de ses dirigeants ». La LTDH met surtout en cause la politique du Comité qui tent à vouloir régler le cas RéDéMaRe, en dehors « du cadre légal ou dans un souci de règlement transactionnel sans associer les responsables de RéDéMaRe, ou du moins leurs conseils, étant donné que M. Sama Essohamlon présumé innocent des faits qui lui sont reprochés, pourrait être élargi à la fin de la poursuite »

Le Comité de Gestion est suspecté de prendre « une mesure à la fois précipitée et illégale, le fait d’entreprendre une démarche de répartition des actifs au profit des membres souscripteurs alors que la procédure judiciaire engagée et toujours pendante devant le tribunal n’a pas encore abouti et que le premier responsable de RéDéMaRe, M. Sama Essohamlon, est toujours en détention, en flagrante violation de ses droits fondamentaux ».

Par conséquent, la LTDH « préoccupée par la protection des droits fondamentaux de tous les citoyens quels qu’ils soient et quelle que soit la situation dans laquelle ils se trouvent, et soucieuse des intérêts aussi bien des dirigeants que des souscripteurs de RéDéMaRe, n’entend pas sacrifier les intérêts des uns au profit des autres »

Me Kpandé-Adzaré attire également la sonnette d’alarme à propos d’autres GIE, fermés préventivement, et auxquels sont membres plusieurs milliers de Togolais. Il s’agit entre autres de Karus Togo et de Krisitex « sur lequel le gouvernement reste silencieux ».

La Ligue se retire donc du Comité de Gestion et n’entend y rentrer que sous certaines conditions  dont la « mise en liberté de M. Sama Essohamlon et la participation effective des membres du comité de Gestion ou de leurs conseils ».

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