Rentrée scolaire 2010-2011 : Les parents d’élèves anxieux

Publié le par ABOU Hibana

Dans quelques jours, les élèves des lycées et collèges ainsi que les tout petits du primaire reprendront le chemin des classes. Leurs parents, eux semblent ne pas être dans le bain
Il est un peu plus de 9 heures, ce matin du vendredi 27 août 210. Une longue file de clients attendent devant les guichets de FUCEC, une structure de microfinance de la place. Deux dames devisent. Leur conversation est portée sur la rentrée scolaire. La première fait remarquer que, celle-ci sera un peu difficile pour elle. Car, ses quatre enfants viennent tous d’être admis aux examens d’entrée en 6e et au Bepc. Alors qu’elle est la seule à faire face à toutes les dépenses. Elle trouve que la fixation de la rentrée au 16 septembre est trop proche. Car, non seulement, elle ne sait pas où ses progénitures seront orientées. Mais, redoute qu’elle ne sera pas prête avant le début des cours. Les inquiétudes de l’autre, la quarantaine est d’ordre financier. «Il n’y a pas d’argent», lâche-t-elle. Avant d’ajouter que outre ses enfants à l’école, elle doit scolariser trois autres respectivement en classe de 4e, première et de terminale. Un vieil homme qui suivait cette conversation, s’est vite invité dans le débat. C’est dur martèle M. Marcel Kodjo, mécanicien. Il ne décolère pas et poursuit : «Nous ne sommes pas prêts pour cette rentrée. Si c’est au moins en octobre ça pourrait nous arranger»
A Assivito, haut lieu de vente de la librairie, les commerçants «chôment » presque. «Pour le moment, nous faisons le ravitaillement des livres et cahiers. Mais, les parents d’élèves ne viennent pas», lance faoul, une libraire par terre qui espère que les jours à venir seront meilleurs pour lui. Son voisin, Koffi, s’inquiète de la rareté de la clientèle.
A Nyékonakpoè, dame K. Gisèle, scrute l’horizon. Veuve depuis avril 2005, elle a en charge ses 3 enfants qui passent cette année au Cm2, en 3e et en seconde. Depuis, elle ne scolarise ses enfants que grâce à aux recettes de sa cafétéria et aux dons de certains parents. «Mon seul soutien est mon activité et mon grand frère qui offre chaque année des fournitures scolaires à mes enfants. J’espère que cette année, ce geste viendra sauver mes enfants et moi», lance-t-elle. Une autre dame, une cohabitante de Gisèle dit avoir depuis le début du mois d’Août des nuits blanches. «Mon mari nous a abandonné. Chaque année, je cours dans tous les sens pour scolariser mon fils qui va cette année en classe de 3e», lance la jeune dame. Pour le moment elle espère toujours un geste providentiel sinon, son fils restera cette année à la maison.
La rentrée se prépare
Si certains parents d’élèves sont angoissés par la rentrée scolaire, d’autres en revanche, ne le sont pas. C’est le cas de M. Bill T., cadre dans une société d’entreposage implantée dans la Zone portuaire. Rencontré dans une Librairie, en compagnie de ses quatre gosses, il balaie du revers de la main, les nombreuses complaintes de certains parents d’élèves. «La scolarité des enfants est un chapitre très important pour les parents d’élèves que, nous sommes. Il est inadmissible qu’un parent vienne dire que la rentrée scolaire le surprend. Car, elle se prépare d’une rentrée jusqu’à l’autre», lance-t-il. Et ce dernier, de dire qu’il n’a jamais eu de problèmes pour ses enfants. Avant de se diriger vers une des caisses de la librairie avec des chariots bourrés de livres et de cahiers. 
Un autre parent d’élève rencontré dans les rayons de cette librairie ne comprend pas pourquoi, les mêmes refrains apparaissent. «A chaque rentrée scolaire, c’est la même chanson. Les parents doivent changer. Car, la meilleure éducation qu’ils peuvent donner à leurs enfants, c’est la scolarisation», se plaint-il

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