Journée des Martyrs au Togo
Dans la capitale, c'est la place des Martyrs, située à environ 200 m du centre islamique de Lomé, qui a accueilli la cérémonie. La gerbe de fleurs a été déposée, au nom du Chef de l'Etat, par le Ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement, Pascal Akoussoulèlou Bodjona. Les membres du gouvernement, les députés, les responsables des institutions des droits de l'homme, les autorités civiles, militaires et religieuses ont assisté à la cérémonie animée par la chorale des femmes des Forces Armées Togolaises.
« C'est une très bonne chose », nous confie Adjoa, une femme, la cinquantaine largement entamée, veuve d'un militaire tombée sous les balles des terroristes qui ont pris d'assaut le Camp RIT de Lomé le 23 septembre 1986. « Le fait d'organiser cette cérémonie tous les ans et sur l'ensemble du territoire national, nous réconforte et nous rassure que nos parents qui ont donné leur vie pour le pays ne sont pas morts pour rien. Je suis sûre que nos Martyrs ressentent la même chose », ajoute-t-elle.
La journée des Martyrs de cette année a ceci de particulier qu'à l'occasion de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance du Togo, le Chef de l'Etat avait, dans son discours prononcé le 26 avril, appelé les Togolais à rendre hommage à ceux qui ont lutté pour l'indépendance nationale : « ces lutteurs infatigables qui ne jetèrent jamais l'éponge, qui restèrent au front, débout dans la tourmente, faisant parfois le sacrifice de leurs vies, aux martyrs de Pya Hodo, de Vogan et d'ailleurs, aux leaders du Comité de l'Unité Togolaise, de la JUVENTO, ceux qui perdirent leur emploi par le fait du prince colonial, ceux qui souffrirent mille tourments, aux grands leaders de cette histoire lumineuse ». Hommages également à ceux qui dans le même temps, avaient « opté pour une démarche moins radicale, tout en visant le même objectif et en privilégiant le dialogue et la négociation avec la Puissance tutrice », avait souligné Faure Gnassingbé.
