Le ReDéMaRe est-elle une pyramide de Ponzi?
L’identité ReDéMaRe est-elle une pyramide de Ponzi ?
Le système de Réseau pour le Développement de la Masse sans Ressource, existant au Togo, fondé sur les cotisants, ressemble à la pyramide de Ponzi.
Les similitudes sont les suivantes :
§ ce sont les entrants qui payent pour les bénéficiaires ;
§ on constate effectivement que le système est instable face aux variations internes ;
§ les solutions proposées pour résoudre les difficultés sont conformes à la logique pyramidale : renforcer les contraintes et les délais avant de devenir bénéficiaire, recruter encore plus. Concrètement cela se traduit par allonger la durée de cotisation, élargir l'assiette des cotisations à des revenus jusqu'à présent exclus du système, etc. ;
§ des faillites de systèmes de ce genre ont eu lieu.
§ À l'inverse, le système a des différences importantes :
§ la multiplication entre le nombre d'entrants et le nombre de bénéficiaires n'est pas obtenue à l'entrée mais à la sortie, grâce à la mortalité des futurs bénéficiaires ;
§ il y a réellement une création de richesse à la base du système ;
§ le système n'est pas forcément voué à la faillite : géré correctement, il peut être stable si le nombre des nouveaux entrants reste supérieur à celui des anciens entrants ;
§ le système ne cache pas son caractère redistributif ;
§ en conséquence, le revenu futur des membres dépend de leur capacité à mobiliser ;
§ le revenu futur n'est pas officiellement garanti.
Le système de L’identité ReDéMaRe, existant au Togo, fondé sur les revenus futurs d'un investissement, pourrait également être comparé à la pyramide de Ponzi. La comparaison tourne court, toutefois : dans un système par capitalisation, le recrutement de nouveaux membres n'est pas nécessaire, les pensions étant issues directement du capital accumulé et des intérêts qu'il génère.
La confusion peut-être entretenue par la remarque, justifiée selon certaines idéologies, mais cela renvoie seulement à la question suivante : « le système économique dans son ensemble est-il une pyramide ? ».
En revanche, comme pour tout système de placement financier, il est assez facile d'exploiter le système de l’identité ReDéMaRe par capitalisation pour en faire une telle pyramide : il suffit de recycler les nouvelles adhésions en bénéfices immédiats pour les adhérents, par une manipulation comptable ou un artifice financier. Une institution de capitalisation nécessite donc une surveillance et un contrôle minutieux, pour qu'elle ne se transforme pas insidieusement (et frauduleusement) en système par répartition masquée.
Le système de l’Identité ReDéMaRe serait donc effectivement des pyramides s'il avait besoin d'une base de cotisants de plus en plus vaste au cours du temps. On peut donc estimer qu'une société humaine qui a besoin, pour assurer sa subsistance, d'une population en croissance constante, est une société pyramidale qui court vers une catastrophe future dans un monde aux ressources limitées. Mais une société stable et n'épuisant pas les ressources qu'elle utilise, n'a rien de commun avec une pyramide quel que soit son système de financement.
Le système économique est-il une pyramide à la Ponzi ?
On peut enfin se poser la question pour le système économique global. Les similitudes sont les suivantes :
la stabilité du système n'est pas garantie.
L'entrée de nouveaux membres dans le système économique (comme dans une pyramide) est implicitement postulé, puisqu'il faut bien que des actifs fournissent la richesse et acceptent de racheter des parts dans l'appareil économique ou de porter les responsabilités des anciens. Ces nouveaux membres pouvant être les nouveaux enfants, ou la population de pays pauvres.
Le système est en partie dépendant d'un accroissement indéfini (la croissance et le progrès), et d'un élargissement de la base d'exploitation.
À l'inverse, le système a également des différences importantes :
Les bénéficiaires ont par apport en capitaux, généré les investissements qui permettent aux entrants de travailler et d'épargner ;
le système n'est pas forcément voué à la faillite : l'Histoire semble montrer que les systèmes capitalistes sont les plus stables.
le recrutement se fait naturellement, sans effort particulier de recrutement.